L'EXODE : PÈLERINAGE VERS LA VIE
Cela leur est arrivé à titre d'exemple et fut écrit pour nous avertir, nous pour qui la fin des siècles est arrivée (1Co.10.11).
Quand l'apôtre Paul écrit aux chrétiens à Corinthe, il leur dit qu'ils doivent se souvenir de l'histoire de l'Exode, parce que cette aventure, qui marque le début de l'existence d'Israël en tant que peuple, est exemplaire.
L'Exode raconte comment Dieu affranchit son peuple de l'esclavage en Égypte et l'amena au Mont Sinaï où il lui donna sa loi. Il est évident pour nous que les descendants d'Abraham sont en train de vivre un moment historique. Pourtant, malgré cette délivrance miraculeuse, ils seront condamnés à errer quarante ans dans le désert, à cause de leur manque de confiance en Dieu. Râleurs, rebelles, vite découragés, ils ne semblent pas se rendre compte de l'importance des évènements dont ils sont les acteurs. Cela est tout à fait normal. C'est uniquement par la mémoire que les évènements revêtent leur importance. C'est pour nous, aujourd'hui, que ce qui leur est arrivé sert d'exemple. Pour eux, c'était leur vie quotidienne avec ses craintes, ses angoisses, ses trop brefs moments de joie suivis de l'incertitude du lendemain. Certes, ils eurent tort de se plaindre : mais sans doute ceux qui vinrent réclamer de l'eau à Moïse entendaient-ils encore gémir leurs enfants ("Papa, j'ai soif!") ou une femme inquiète leur suppliant de "faire quelque chose".
De génération, la Pâque devait rappeler au peuple d'Isarël les évènements de l'Exode (Ex.12.25-27). Aujourd'hui nous sommes parvenus "à la fin des siècles" et Christ, notre Pâque, a été immolé (1 Co.5.7) ; nous ne sommes plus sous la loi mais sous la grâce (Rm 6.14), mais nous ne devons pas oublier les évènements de l'Exode. À la mémoire, qui peut être défaillante ou trompeuse, même quand elle est renforcée par une fête commémorative comme la Pâque ou, pour nous, la Sainte-Cène, Dieu ajoute sa Parole : "Cela fut écrit pour nous avertir." Au milieu du tourbillon des jours, ballottés par nos émotions passagères et conscients des limites de notre compréhension, nous avons ce point fixe, ce rocher ; cet ancre. Notre Dieu, qui intervient dans l'histoire des hommes, et qui est venu "dresser sa tente" parmi nous (Jn 1.14), se révèle aussi, verbalement, par les prophètes, par son Fils, par les apôtres.
Le Dieuqui délivra son peuple de l'oppression en Égypte est le même qui donna son Fils afin que quiconque croit en lui ait l'assurance de la vie éternelle. La mort et la résurrection de Jésus représentent le point de départ, le début de la mémoire collective du peuple chrétien, l'évènement historique que nous nous rappelons chaque dimanche, tout comme les familles juives se rappellent la sortie d'Égypte.
De même, notre baptême est le point de départ de notre pèlerinage personnel. Dieu nous a sauvés de nos péchés, et nous avons l'assurance de sa présence réelle à chaque instant : mais nous ne savons rien du lendemain. Notre vie est entre les mains de Dieu : nous ne pouvons que faire confiance à l'Éternel, à lui qui sauva Israël et le protégea à travers le désert. Épique est l'histoire sainte, d'Adam à Christ, exemplaire l'expérience de "nos pères dans le désert". Ils quittèrent l'esclavage pour la Terre Promise -- quelques journées de marche, en réalité. En naissant, chaque être humain s'engage sur une route d'une tout autre dimension : du néant, nous voguons vers l'éternité. Nous ne connaissons notre destinée que par la foi. Souvent, la route est difficile (voir Mt 7.14), et comme les Israélites, nous manquons de courage. Mais "Dieu est fidèle" (1 Co 10.13)
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"Toutes les Églises de Christ vous saluent"(Romains 16:16b)